05 Fév Interview Laurent Lefebvre – 25èmes Rencontres internationales d’orthophonie – 2025
25èmes Rencontres Internationales d’Orthophonie
Entretien avec Laurent Lefebvre
Propos recueillis par Sandrine Basaglia-Pappas, co-responsable des Rencontres d’Orthophonie décembre 2025
En quelques lignes, pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours professionnel ?
Titulaire d’un master en sciences psychologiques obtenu en 2000, parcours sciences cognitives, j’ai eu l’occasion de réaliser une thèse de doctorat qui a visé l’étude de l’impact de dispositifs de stimulation des processus sous-tendant le développement langagier auprès d’enfants et le réapprentissage du langage auprès de personnes atteintes de lésions cérébrales. A l’issue de cette thèse, en 2006, je me suis spécialisé dans l’évaluation du langage auprès de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, thème qui m’avait en fait toujours fortement intéressé. Cela m’a permis de développer avec le temps une expertise et une équipe de recherche sur le domaine, qui n’ont fait qu’évoluer. Fondateur en 2012 du service de Psychologie cognitive et Neuropsychologie de la Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Education de l’UMONS (Belgique), service dont j’ai pris la direction, j’ai ensuite en 2014 été élu Doyen de cette Faculté. A l’issue de deux mandats, j’ai ensuite été désigné en 2022 Vice-Recteur à l’Enseignement, à la formation continue et en alternance et aux partenariats académiques, poste que j’occupe aujourd’hui en sus de la gestion de mon laboratoire. Je suis enfin co-fondateur du Centre Interdisciplinaire en Psychophysiologie et Electrophysiologie de la cognition (CiPsE), dont le siège se trouve à l’Université de Mons.
Les rencontres 2025 au sein desquelles vous allez intervenir portent sur les maladies neurodégénératives. Selon vous, que(s) rôle(s) jouent les orthophonistes dans ce domaine ?
Contrairement à la France, la reconnaissance des troubles du langage dans les pathologies associées au vieillissement sont très mal reconnues en Belgique. Ces troubles sont encore considérés comme secondaires, l’intervention devant selon nos autorités plutôt viser d’autres fonctions, comme la mémoire ou les fonctions exécutives. Or, je suis intimement convaincu qu’au-delà de l’apport diagnostique évident d’un bilan orthophonique, travailler au maintien d’un langage oral efficient, et par voie de conséquence d’une communication potentiellement plus efficace peut concourir tant au mieux-être des personnes affectées qu’à une réduction significative des troubles comportementaux qui peuvent avoir pour origine ces difficultés communicationnelles. En ce sens, développer l’expertise des orthophonistes auprès de cette frange de la population constitue un enjeu fondamental.
Pourquoi ces troubles vous intéressent-ils, pourquoi travaillez-vous dessus, quels sont vos axes de recherche ?
Historiquement, mon laboratoire s’est d’abord spécialisé dans les troubles lexicaux, et l’évolution naturelle de nos recherches nous a ensuite amenés à étudier différentes fonctions associées au langage comme la mémoire sémantique, les fonctions exécutives, ou encore les praxies. Notre approche des troubles du langage est donc très ouverte à la compréhension des interactions cognitives, ce qui me semble naturel pour un laboratoire spécialisé en neuropsychologie. Aujourd’hui, plusieurs études sont en cours pour appréhender le fonctionnement de la mémoire sémantique et l’impact de celui-ci sur la récupération lexicale, pour approcher l’interaction entre les processus exécutifs et les troubles d’encodage et de récupération, ou encore pour évaluer l’apport gestuel dans les mécanismes de compréhension. Plus récemment, nous avons également étendu nos réflexions aux interactions entre processus thymiques et langagiers, afin notamment de stimuler la production de langage chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer à un stade sévère.
Votre exposé portera sur « Mémoire, fonctions exécutives et affects dans la maladie d’Alzheimer : pour une approche intégrative » : Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?
Comme évoqué, notre approche de la compréhension des troubles anomiques est plurielle, nous sommes persuadés que la compréhension du fonctionnement langagier ne peut s’atteindre qu’à la lumière des interactions entre fonctions cognitives d’une part, fonctions cognitives et thymiques d’autre part. J’essayerai dans mon exposé de non seulement faire percevoir l’intérêt d’étudier chaque fonction connexe de manière très précise, mais aussi de plaider pour une étude de plus en plus complexe, articulée.
Merci Laurent ! A très bientôt aux Rencontres !
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