Interview Claire Gentil – 25èmes Rencontres internationales d’orthophonie – 2025

Interview Claire Gentil – 25èmes Rencontres internationales d’orthophonie – 2025

25èmes Rencontres Internationales d’Orthophonie

 

Entretien avec Claire Gentil

Propos recueillis par Sandrine Basaglia-Pappas, co-responsable des Rencontres d’Orthophonie décembre 2025

En quelques lignes, pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours professionnel ?

Diplômée en 1982, après avoir passé un an en Afrique (Congo Brazzaville), j’ai travaillé en libéral et à l’hôpital en phoniatrie, auprès du docteur Cornut et dans un service de dépistage des troubles du langage, de 1983 à 1999. Je suis ensuite partie 3 ans en Thaïlande, où j’ai travaillé dans une école américaine (en anglais) et au lycée français de Bangkok. Ces expériences diverses ont enrichi ma pratique professionnelle et m’ont permis de découvrir l’importance du partenariat avec les familles, souvent bilingues et les enseignants. Parallèlement à mon activité professionnelle, j’ai créé la chorale de France Parkinson à Lyon, que j’ai dirigée jusqu’en 2020.

A mon retour en France, après un an en libéral, je me suis tournée vers la prise en soins de pathologies neurodégénératives et en particulier de la maladie de Parkinson. J’ai travaillé dans plusieurs hôpitaux gériatriques, dans les services hospitaliers et à l’hôpital de jour. Je suis également musicothérapeute depuis 2017.

J’ai rejoint l’équipe de direction du département d’orthophonie de Lyon en 2012, avec des missions d’enseignement, de membre des équipes stage et recherche puis de responsable du cycle 1. Je propose également des formations continues sur la prise en soin de la maladie de Parkinson et sur la place de la musique en orthophonie.

Les rencontres 2025 au sein desquelles vous allez intervenir portent sur les maladies neurodégénératives. Selon vous, que(s) rôle(s) jouent les orthophonistes dans ce domaine ?

Les orthophonistes jouent un rôle important dans la prise en soin des symptômes, moteurs et non moteurs, dans l’accompagnement du patient et de sa famille, nécessaire à tous les stades des maladies neurodégénératives. Elles/ils permettent de maintenir la communication orale et écrite, de prendre en soin les troubles de la déglutition, d’informer et former les patients et leurs aidants à mieux comprendre la pathologie et ses conséquences sur leur vie. Les liens avec les autres soignants sont indispensables pour travailler de manière cohérente avec et pour les patients.

Pourquoi ces troubles vous intéressent-ils, pourquoi travaillez-vous dessus, quels sont vos axes de recherche ?

L’impact de la maladie de Parkinson sur la communication orale et écrite est très important et augmente avec la progression de la maladie. A la dysarthrie (troubles de la voix, de la parole et de l’articulation), la dysgraphie, les troubles des fonctions exécutives en lien avec le langage et la dysphagie, s’ajoutent l’anosmie et l’agueusie. Pouvoir participer aux recherches sur des moyens d’évaluation et des outils de prise en soin me permet d’augmenter ma créativité en m’appuyant sur l’Evidence-Based Practice et en proposant des sujets de mémoire en orthophonie, en lien avec des chercheurs.

Actuellement, je travaille sur la partenariat-patient, l’accompagnement familial, la prise en soin au stade avancé de la maladie. Avec deux collègues, nous finalisons un bilan du graphisme dans la maladie de Parkinson. Je termine également un travail sur l’intérêt du Human Beatbox dans la prise en soin de la dysarthrie et de la dysphagie parkinsonienne.

Votre exposé portera sur « Revue de littérature sur la prise en charge des patients souffrant de maladie de Parkinson » : Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Répertorier des études sur les outils de prise en soin des symptômes de la maladie de Parkinson peut nous aider à conforter nos intuitions cliniques, à trouver des stratégies utiles pour les patients et leurs familles et ainsi nous appuyer sur l’EBP. Je proposerai en particulier une revue de littérature portant sur la place du chant, de la musique, du théâtre et du human beatbox dans la prise en soin de la dysarthrie et de la dysphagie. Je proposerai également des exemples de prise en soin de la dysgraphie parkinsonienne.

Merci Claire ! A très bientôt aux Rencontres !